La planche à billets

La planche à billets,
le mythe et la réalité 

Par Jean-Pierre Robin
20/04/2009
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Fondamentalement, la quantité de billets de banque en circulation dépend de la demande des utilisateurs, insiste-t-on à la Banque de France.

La planche à billets coeur-Jamais les Européens et les Français n’ont eu autant d’argent dans leurs portefeuilles. La Banque centrale européenne elle-même le dit. Selon son bilan hebdomadaire, les billets en circulation dans l’ensemble des pays de la zone euro s’élevaient à 762 milliards d’euros au 4 avril 2009. Un record historique. Rapporté à une population de 325 millions, cela fait une moyenne de 2 344 euros en billets pour chaque citoyen de l’Union monétaire. Certes les entreprises détiennent une partie de ces coupures. De même, des étrangers résidant en dehors de la zone euro en possèdent de l’ordre de 10 % à 20 %, selon la BCE. Une chose est sûre : la masse des europapiers a grossi de 15 % en douze mois, à un rythme deux à trois fois supérieur à celui des années précédentes. Les ménages en utilisent de plus en plus. Malgré la crise ou à cause d’elle ?

Les Européens n’ont jamais aussi peu dépensé. Que font-ils donc de leurs moyens de paiements en papier-monnaie ? D’où le soupçon que cet argent est thésaurisé dans leurs matelas. C’est effectivement ce qui s’était passé en octobre dernier quand l’émission de billets a brusquement bondi de 30 à 40 milliards d’euros, selon les chiffres de la BCE. La banque Lehman Brothers venait de faire faillite (15 septembre), la défiance vis-à-vis des établissements financiers était à son comble. On a alors assisté à des retraits de liquidités aux guichets des banques.

Confrontés à un début de panique, les gouvernements européens ont renforcé comme un seul homme les garanties sur les comptes bancaires (70 000 euros par personne en France). Depuis les choses se sont calmées, comme le soulignait récemment Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Mais les épargnants ont conservé leurs liquidités chez eux. Ils y sont d’autant plus incités que «les placements à court terme rapportent de moins en moins», souligne-t-on rue de la Vrillière.

Jusqu’où pourrait aller l’engouement de nos concitoyens pour les billets ? Les ménages européens possèdent «en numéraire et dépôts liquides» quelque 5 915 milliards d’euros, dont 1 091 milliards pour les Français (selon la BCE). Légalement, ils ont donc la possibilité de convertir cette manne en coupures de 5 à 500 euros si le cœur leur en dit. Entre parenthèses, la conséquence immédiate serait de mettre l’ensemble des banques commerciales en faillite ! Certes, ce sont les banques centrales qui produisent les billets (ou en délèguent le travail à des imprimeurs privés). Mais, fondamentalement, la quantité en circulation dépend de la demande des utilisateurs, insiste-t-on à la Banque de France. Pas plus qu’on ne fait boire un âne qui n’a pas soif, on ne peut obliger les particuliers et les entreprises à détenir plus de liquidités qu’ils n’en veulent ou n’en ont les moyens.

La «planche à billets», que les grands argentiers font tourner ad libitum, serait-elle donc un mythe ? Oui, si l’on considère qu’une émission de papier a toujours une contrepartie obligatoire : au départ, les assignats de la Révolution française étaient gagés sur les biens du clergé ; dans le système de Law, les titres émis étaient fonction de réserves en or, en argent et des investissements en Louisiane et au Sénégal. Par ailleurs, personne n’est jamais obligé de prendre le papier-monnaie qui lui est proposé : pas plus du temps de la Régence (Law) que sous le règne de Ben Bernanke ou de Jean-Claude Trichet !

L’inflation monétaire est en revanche une vraie réalité et son mécanisme peut se décrire de la façon suivante. Lorsque la Fed américaine et la BCE émettent des billets, ils figurent au passif de leurs bilans (les détenteurs de dollars ou d’euros ont une créance sur les banques centrales émettrices). En contrepartie, ces dernières ont à leur actif des créances sur les acteurs de l’économie. Jusqu’à ces derniers mois, il s’agissait exclusivement des banques. Mais, maintenant, la Fed accepte de financer directement des entreprises et l’État fédéral américain, ce que les banquiers centraux désignent pudiquement par l’expression de «politiques monétaires non conventionnelles». La BCE devrait, elle aussi, franchir le pas le mois prochain, comme l’a promis Jean-Claude Trichet, son président («En mai, fais ce qu’il te plaît»). Les banques centrales ont ainsi le pouvoir d’accepter des contreparties de plus en plus douteuses à leur actif, en finançant, par exemple, les déficits budgétaires. Et plus elles seront laxistes à cet égard, plus elles auront créé de monnaie de mauvaise qualité et, par conséquent, de l’inflation. C’est ce qu’on appelle communément «faire marcher la planche à billets». Une expression trompeuse, car elle tend à prendre l’effet pour la cause.

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